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  • Les meilleurs Côtes de Bordeaux sont dans MILLESIMES 2010

    Les meilleurs Côtes de Bordeaux sont dans MILLESIMES 2010

     

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    Château VALENTIN

    Château VALENTIN

    (PREMIÈRES CÔTES DE BLAYE)
    Dominique Revaire

    33390 Cars
    Téléphone :05 57 42 12 16
    Télécopie : 05 57 42 38 26
    Email : dominique.revaire@wanadoo.fr

    Bien apprécié son Premières-Côtes-de-Blaye rouge 2006, élevé en fûts de chêne, de belle robe rubis, au nez où dominent les fruits mûrs et le poivre, alliant charpente et rondeur en bouche, très bien élevé, un vin distingué et puissant à la fois. Goûtez le Premières-Côtes-de-Blaye rouge 2006, de bouche ample et parfumée, très légèrement épicé, tout en arômes, très agréable sur une grillade. Le 2005 est de robe intense, au nez persistant (griotte, cuir), un vin équilibré, gras, aux tanins savoureux, de bouche classique, de structure soutenue. Le 2004 est bien charnu, de couleur profonde, ample, au nez légèrement épicé, aux tanins fondus, alliant une charpente réelle à une jolie rondeur.
    Château ROUSSET

    Château ROUSSET

    (CÔTES-DE-BOURG)
    Gérard Teisseire

    33710 Samonac
    Téléphone :05 57 68 46 34
    Télécopie : 05 57 68 36 18
    Email : gteisseire@aol.com

    Domaine de 24 ha de vignes situé sur des coteaux argilo-calcaires et graveleux exposés au midi. Superbe Côtes-de-Bourg Grande Réserve 2005, charnu, très savoureux, aux nuances raffinées de sous-bois, de mûre et de poivre, finement tannique, de bonne bouche, un vin ample et charnu aux tanins fondus, de garde comme en atteste ce 99, généreux, coloré, ample et velouté, tout en bouche. Le Côtes-de-Bourg cuvée Tradition 2006 est bien parfumé, au nez ample qui développe des notes de sous-bois et de cerise mûre, tout en arômes, d’excellente évolution, à ouvrir sur un rôti de porc. Excellent 2005, au nez à dominante de cerise noire et de mûre, légèrement épicé, très équilibré, un vin ample, aux tanins qui commencent à peine à se fondre.

    Château BERTHENON

    Château BERTHENON

    (PREMIÈRES CÔTES DE BLAYE)
    Thérèse Ponz Szymanski
    3, le Barrail
    33390 Saint-Paul-de-Blaye
    Téléphone :05 57 42 52 24
    Télécopie : 05 57 42 52 24
    Email : info@chateauberthenon.com

    Un vignoble de 32 ha, composé de 80% de Merlot et de 20% de Cabernet-Sauvignon. Ce Premières-Côtes-de-Blaye rouge cuvée Chloé 2007, éraflage total de la vendange, fermentation malolactique en fûts, élevage sur lies fines en barriques neuves durant 18 mois, d’une belle couleur rubis très prononcé, aux notes fruitées et agréablement épicées, est un vin bien corsé, qui allie finesse et structure, de bonne garde. Excellent Premières-Côtes-de-Blaye Tradition 2007, de belle attaque ronde et charnue, généreux et persistant, aux arômes prononcés de fruits rouges, un vin suave et harmonieux, très séduisant. Le 2006, au nez de petits fruits rouges (groseille), est un vin charpenté, de bouche riche et persistante, qui commence à s’ouvrir. Beau Premières-Côtes-de-Blaye cuvée Henri 2006, un vin typé comme on les aime, avec de la charpente, aux notes de griotte et d’humus, de couleur soutenue, de bouche ronde, aux tanins bien équilibrés et soyeux, vraiment réussi.

    Château LAGARDE

    Château LAGARDE

    (PREMIÈRES CÔTES DE BLAYE)
    Paul-Henry Nerbusson

    33390 Cars
    Téléphone :05 57 42 91 56 et 05 49 28 46 77
    Email : vignobles.nerbusson@wanadoo.fr

    Un vignoble de 12 ha en bio, et une réussite avec le Premières-Côtes-de-Blaye rouge Excellence 2005, élevé en fûts de chêne, ?avec des arômes d’humus et de groseille cuite, gras et persistant en bouche, aux tanins fins et mûrs, est un vin de belle couleur, bien charpenté. Excellent Premières-Côtes-de-Blaye Tradition 2006, un vin de bouche puissante, aux connotations de mûre et de violette, très fin, bien corsé et équilibré, c'est classique et très bon.

    Château TOUR de COLLIN

    Château TOUR de COLLIN

    (CÔTES-DE-BOURG)
    Denis Levraud

    33710 Bourg-sur-Gironde
    Téléphone :05 57 68 46 26
    Télécopie : 05 57 68 37 16
    Email : denis.levraud@orange.fr

    Un vignoble de 15 ha planté dans un sol argilo-calcaire et graveleux. Beau Côtes-de-Bourg 2006, bouqueté et persistant, aux tanins riches, équilibrés, un vin qui allie une charpente réelle à une jolie rondeur, de bouche parfumée (mûre, humus...), d’une belle finale. Le 2005 est tout en arômes et structure, d’une belle ampleur, bien équilibré, un vin qui sent la fraise des bois et l’humus, aux tanins fermes et soyeux à la fois, de bouche complexe. Le 2004, de couleur grenat, aux tanins bien présents, est riche en arômes (fruits noirs, sous-bois...), tout en souplesse. Le 2003 est dense et généreux, avec des nuances de fruits rouges mûrs, légèrement épicé en bouche, et commence à très bien se goûter comme ce 2002, très parfumé, aux tanins soyeux et fermes à la fois, au nez complexe et subtil dominé par la cerise confite et l’humus.
    Château PUYFROMAGE

    Château PUYFROMAGE

    (BORDEAUX-CÔTES DE FRANCS)
    Philippe Marque

    33570 Saint-Cibard
    Téléphone :05 57 40 61 08
    Télécopie : 05 57 40 66 46
    Email : puyfromage@wanadoo.fr
    Site : www.puyfromage.com

    Au sommet de son appellation. Situé sur un haut plateau, 2e point culminant de la Gironde, l’actuel château Puyfromage a été construit en 1574, non loin d’un donjon du XIe siècle et d’un colombier royal parfaitement conservés à ce jour. Un vignoble de 45 ha. Remarquable Bordeaux Côtes-de-Francs 2007, issu du Merlot (60 %), du Cabernet-Sauvignon (25 %) et du Cabernet franc (15 %), de couleur soutenue grenat avec des reflets rubis, un vin de caractère au nez épicé bien caractéristique, aux tanins bien fondus mais puissants, encore jeune mais prometteur. Le 2006, aux tanins riches et veloutés à la fois, aux connotations de mûre, légèrement épicé comme il se doit, est un vin ferme, franc, complet, qui commence à peine à s’ouvrir. Beau 2005, tout en charpente, d’une belle ampleur, bien équilibré, qui sent les fraises des bois et l’humus, de bouche charpentée et souple à la fois, de très bonne garde, à déboucher sur une palombe. Le tout est à un prix défiant toute concurrence.
    Château de GRISSAC

    Château de GRISSAC

    (CÔTES-DE-BOURG)
    Bernadette Cottavoz

    33710 Prignac-et-Marcamps
    Téléphone :05 57 68 31 65
    Télécopie : 05 57 68 31 65
    Email : chateaudegrissac@aol.com

    Un vignoble de 21 ha planté sur des sols argilo-calcaires. Le Côtes de Bourg 2007 (65% Merlot, 30% Cabernet-Sauvignon, 5% Malbec), élevé en fûts de chêne, est intense, aux notes de cassis très mûr et d’épices, de robe grenat soutenu, de bonne charpente, avec des tanins mûrs, un vin ample et de très bonne évolution. Beau 2005, tout en couleur et en matière, avec ces petites notes de poivre, de groseille et d’humus, aux tanins très équilibrés et savoureux à la fois, bien corsé et gras. Le 2004, de base tannique importante mais bien répartie, est un vin dense, au nez complexe et subtil à la fois, avec des notes de groseille et de cassis, charnu comme nous les aimons. Remarquable 2003, au nez intense de sous-bois et d’épices, onctueux et persistant, de bouche riche, tout en arômes comme le 2001, aux tanins très élégants mais bien fermes également, au nez complexe (cuir, mûre), qui commence à s’ouvrir.

    Château PONT les MOINES

    Château PONT les MOINES

    (PREMIÈRES CÔTES DE BLAYE)
    Vignobles Gagné et Barrat
    La Maçonne
    33760 Frontenac
    Téléphone :05 56 23 98 50
    Télécopie : 05 56 23 98 50
    Email : brancompostelle@aol.com
    Site : www.vinsdusiecle.com/chateaupontlesmoines

    Propriété familiale depuis quatre générations, le Château Pont Les Moines est situé au nord de Bordeaux, dans la région du Blayais, et s’étend sur la commune de Civrac de Blaye. Vignoble d’une superficie de 29 ha, sur sol argilo-calcaire, où les vignes ont une moyenne d’âge de 15 ans. Un encépagement classique de cette région (70% Merlot, 30% Cabernet-Sauvignon), qui produit des vins colorés, charpentés et ronds en bouche. La vinification est traditionnelle, avec des cuvaisons longues et un élevage en cuves durant 14 mois. On se fait vraiment plaisir avec leur Premières-Côtes-de-Blaye rouge 2006, très équilibré, de couleur intense, au nez de fruits noirs (cassis, mûre), avec des tanins très équilibrés, un vin qui poursuit son évolution. Très joli Bordeaux blanc Sauvignon Château Pont les Moines 2009, aux arômes floraux et fruités intenses, harmonieux, subtil et puissant à la fois, bien représentatif de ce grand millésime. Même propriétaire que le Château Bran de Compostelle (voir Bordeaux Supérieur).

    Château CASTEGENS

    Château CASTEGENS

    (CÔTES DE CASTILLON)
    Marie-France et Jean-Louis de Fontenay

    33350 Belvès-de-Castillon
    Téléphone :05 57 47 96 07
    Télécopie : 05 57 47 91 61
    Email : jldefontenay@wanadoo.fr
    Site : www.vinsdusiecle.com/chateaucastegens
    Site : www.castegens.com

    Les origines de la propriété remontent au début du XVe siècle, et le château de Castegens se transmet dans la même famille depuis 1862. Le site est durant l’été le théâtre de la reconstitution à grand spectacle (600 acteurs), de la bataille de Castillon (1453) qui marque la fin de la guerre de cent ans. Le propriétaire actuel, s’attache à maintenir une harmonie entre culture traditionnelle, respectueuse de l’environnement, et vinification moderne. Beau Côtes-de-Castillon 2007 (65% de Merlot, 30% de Cabernet franc et 5% de Cabernet-Sauvignon), riche en couleur, tout en nuances aromatiques en bouche, où se mêlent la griotte et l’humus, ample et fondu, aux tanins savoureux, un vin qui mêle finesse et structure. Excellent 2006, de robe brillante et soutenue, aux senteurs de fruits rouges cuits, avec une bouche riche qui dévoile des tanins fondus mais bien présents, d’une belle longueur. Le 2005 est concentré, ample, velouté et fruité en bouche, avec des tanins souples et bien fermes à la fois. Goûtez la cuvée La Croix de Castegens, élevage de 12 mois en cuves, de bouche corsée et parfumée (framboise mûre), charpentée, très abordable.
    Château HAUT-BEYNAT

    Château HAUT-BEYNAT

    (CÔTES DE CASTILLON)
    Florence et Paul R. Cardoso
    Lartigue
    33350 Belvès-de-Castillon
    Téléphone :05 57 47 92 76
    Télécopie : 05 57 47 92 76
    Email : paul.cardoso@aliceadsl.fr
    Site : www.chateau-haut-beynat.com

    Propriété familiale de 12 ha. Remarquable Côtes-de-Castillon 2006, élevé en fûts de chêne, un vin de couleur grenat intense, au nez dominé par les épices et les petits fruits rouges à noyau, velouté, de bonne bouche, aux tanins présents et fondus à la fois, de bonne garde. Le 2005 est une réussite, de belle robe foncée, au nez où se mêlent la griotte et l’humus, associant concentration et délicatesse, de bouche ample et fondue, de très bonne garde. Le Tradition 2007 est très réussi, aux tanins bien présents, au parfum de cerise et de sous-bois, de bouche puissante, persistante, un vin souple et charnu à la fois. Le 2006, corsé, classique, avec des nuances de mûre, de sous-bois et d’épices, est parfait sur les grillades. Joli Bordeaux Clairet 2009, de belle robe soutenue, aux notes de framboise, de bouche florale et fruitée, tout en harmonie, à ouvrir sur un bouquet de crevettes ou une quiche.
  • Ce qu'il faut savoir sur Bordeaux pour ne plus vous faire avoir...

     

    961.jpgLe vignoble de Bordeaux (celui des grands crus) est à un véritable tournant de sa carrière. J'y reviendrais en détail plus longuement, dans mes prochains articles, appellation par appellation, à l'occasion de la réactualisation de mes Classements.

    C'est le résultat d'une longue glissade (la crise à bon dos) et cela va faire au moins 20 ans que j'annonce et déplore cela, sans être entendu par les producteurs d'un bon nombre de "grands" crus, mais en l'étant parfaitement par ceux qui comptent le plus : vous, les consommateurs. Mes faux-amis journaleux s'en sont pourtant donné à cœur joie pour dénigrer ma démarche, et critiquer, par exemple, le fait d'avoir été le premier à défaire le Classement du Médoc de 1855 ou à combattre celui de Saint-Émilion. J'ai créé mes Classements en 1985 !!!

    Déjà, on voyait apparaître les œnologies médiatiques et mercantiles, Parker arrivait, des proprios de grands crus se seraient parjurer pour avoir une bonne note, bref, nous entrions dans un monde "putassier", où le fric et la mode primeraient.

    Mes "confrères" (je n'ai jamais été dans ces cercles ou clubs de critiques, ni profité d'un WE AR tous frais payés par un grand château, ni accepté une invitation d'une attachée de presse : avion, hôtel de luxe et... une critique positive). C'est de là que se sont attisées les jalousies (et les bassesses) à mon égard d'autres "critiques" (qui n'en sont pas, de fait), puisque le succès était déjà au RV... Cela leur est resté en travers de la gorge. En fait, cela m'a toujours motivé (mon tempérament de boxeur, sans doute) et amusé, je le reconnais volontiers.

     

     

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    Il y a, néanmoins, trois points que l'on peut résumer

    1/. La défiance et la désaffection des consommateurs français et francophones pour l'uniformisation du goût de beaucoup de crus bordelais est flagrante. Voilà pourquoi, ici, on se précipite vers les Chinois, les Russes, et demain les Esquimaux. C'est une facilité de chercher éternellement de nouveaux consommateurs, facilement captifs.

    Beaucoup de grands crus de Bordeaux ont perdu la chose la plus importante pour être une vedette mondiale : être d'abord une vedette chez soi, dans son pays, être respecté, acheté, bu.

    L'avantage : cela a permis à une multitude de vins de Bordeaux moins connus, plus modestes mais pas moins bons (et parfois meilleurs), de prendre leur place en apportant un rapport qualité-prix-typicité exceptionnel. Je les soutiens depuis belle lurette (lire plus bas). On ne va pas s'en plaindre et les vins aux réputations galvaudées, ces produits "sans âme ni vertu" à des prix insolents, l'ont bien mérité.

    Bien entendu, cela a permis également à d'autres appellations françaises (de la Loire au Sud-Ouest, du Rhône au Languedoc) de parvenir à une notoriété justifiée en prenant les parts de marché abandonnés, mais restons à Bordeaux.

     

    2/. La fuite en avant d'une majorité de vins bordelais vers un marché de "primeur", ce qui entraîne un assouplissement des vins pour qu'ils soient buvables de plus en plus rapidement. On revient bien sûr, avec cela, à un "lissage" des millésimes, qui se ressemblent tous.

    Vous n'avez qu'à ouvrir un "spécial vins" quelconque : on axe la partie éditoriale sur des vins qui n'existent pas... puisque l'on vante des dégustations primeurs de grands crus bordelais qui ne seront pas du tout les mêmes vins deux ans après !

    C'est-à-dire que l'on goûte, critique et note des vins qui ne correspondront jamais à la bouteille que vous ouvrirez. Donner son avis sur un grand cru 2009 de Bordeaux trois mois après les vendanges, ce n’est que de l’esbroufe. Le Bordeaux, un vrai grand Bordeaux, ce n'est pas du Beaujolais Nouveau ! On se trouve face à des vins non finis dont le but est de rafler des éloges, des “étoiles”, des notes de “95 sur 100” ou “19 sur 20”, uniquement pour pouvoir se vendre vite et cher par le négoce ou par souscription. Qui peut oser prétendre savoir ce que donnera un vrai grand cru au moment où il vient juste d’être abruti par le début de son élevage en barriques ?

    C’est une mascarade, à laquelle certains critiques qui s’y prêtent feraient mieux d’apprendre l’humilité au lieu de donner des conseils. On nous explique même très sérieusement qu’il faudra boire le vin en 2012 ou en 2020. Certains propriétaires bordelais feraient bien également de voir à long terme, revenant à plus de réserve, en freinant ces dégustations trop précoces, qui les desservent plus qu’autre chose.

    Bon, vous l'avez déjà compris, on ne me voit donc pas dans le carnaval des dégustations des “primeurs”. Idem pour les “concours” qui mélangent des vins jeunes, français et étrangers, totalement différents, favorisant ainsi les vins de vinification plutôt que le terroir, qui a besoin de temps pour s’exprimer. Pour les sélections de mon Guide, il n’y a pas de dégustations factices ou arrangées : je ne déguste que des bouteilles capsulées afin d’éviter ces trop jeunes cuvées de concours spécialement arrangées pour bien sortir. Sinon, je déguste sur place, au château, directement dans les fûts, au hasard.

    Bientôt, il y aura sûrement un couillon qui va déguster les grains de raisin durant les vendanges et nous donnera son avis sur le millésime.

     

    3/. Cette uniformisation du goût s'associe à une uniformisation de la typicité des vins. Qui n'a pas confondu un Margaux avec un Pessac-Léognan, un Saint-Émilion à un Bordeaux Supérieur, un Graves à un Côtes de Blaye ?

    A cette aseptisation des terroirs se greffe celle de l'image : on le voit avec le regroupement des Premières Côtes de Blaye, des Côtes de Castillon et des Premières Côtes de Bordeaux. On réduit ces trois appellations sous une seule "Côtes de Bordeaux", sous prétexte que c'est ainsi que l'on pourra vendre ces vins au fin fond de la Chine.

    Tous pareils, alors, ces vins ? On s'était donc foutu de nous, auparavant, quand on nous disait que les sols de Baurech n'étaient pas les mêmes que ceux de Berson ?Les Côtes-de-Bourg ont refusé cette alliance, et c'est tout à leur honneur, tant il faut préserver sa spécificité !

    Bref, depuis le début des années 1980, ce sont d'abord les grands crus du Médoc qui se sont engouffrés dans cette dérive d'aseptisation du goût de leurs vins et de fric, profitant de l'aubaine de notes mirifiques chez Parker (il n'est pas le seul) pour vendre à tout-va aux Etats-Unis comme en Asie et, forcément, profitant de la méconnaissance de ces consommateurs pour leur imposer des vins charmeurs, faciles à boire jeunes, faciles à faire, dépersonnalisés et... rentables.

    Ensuite, vers 1990, c'est au tour de Saint-Émilion. Il y avait pourtant, dans cette région libournaise, une propension à être plus proche de la nature : de facto, un producteur, sur un vignoble à taille humaine, était beaucoup plus en contact avec ses clients. L'influence et la mentalité corrézienne était forte, et tant mieux !

    Et puis sont arrivés des investisseurs soucieux d'épargner leur ISF, qui ont fait des ponts d'or à des magiciens (il vaut mieux rire) de l'œnologie, ont glané des 18 sur 20, des 97 sur 100...

     

    Frappez à la bonne porte, elle vaut la peine !

    On est bien loin des grandes figures historiques de la région, qui m'ont appris le vin, l'amour du vin, l'authenticité du vin, la dégustation du vin, l'humilité du vin :Émile PeynaudJacques de Loustaunau et Ribéreau-Gayon (les trois vraies grandes "pointures" de l'œnologie du XXe siècle à Bordeaux), Jean-Eugène BorieAnthony PerrinMarc PagèsHenri LévêqueLucien Lurton... On n'était pas dans l'esbroufe avec eux.

    Comme avec, toujours fidèles à leur passion : Anthony Barton (Léoville-Barton), Jean-François et Christian Moueix (Petrus, Magdelaine, Belair...), les Janoueix (La Croix...), Jean-Bernard Delmas (Haut-Brion, puis Montrose), Henri de Vaucelles (Filhot), Denise Gasqueton Calon-Ségur), Bruno Sainson (Laroque), Olivier Bernard (Chevalier), Odette Barreau (Certan de May), Michel Garat (Beauregard et Bastor), Jean-Claude Berrouet et bien d'autres.

    Mais comprenez-moi bien : la nostalgie n'est pas mon truc et il y a des vignerons hors-pair à Bordeaux dans des appellations ou des crus beaucoup moins prestigieux, des hommes et des femmes passionnés et passionnants qui élèvent des vins formidables, typés, sans manipulations œnologiques, de 7 à 30 € !!! Et, ceux-là non plus, vous ne les verrez pas poser en smoking sur leurs barriques pour le-Fig-Mag...

    Pêle-mêle, En Saint-EmilionPomerol...Joël Dupas (Béchereau), la famille Marin-Audra (Canon-Chaigneau), Nicole Roskam (Cantenac), Bernard Laydis (Roc de Calon), Nicolas Bailly (Clos Labarde), les frères Appollot (Clos Trimoulet), Philippe Tribaudeau (Mauvinon), Denis Corre-Macquin(Macquin), Pascal Delbeck (Toutr du Pas Saint-Georges), Jean-Baptiste Brunot (Piganeau), Dubost (La Fleur du Roy)... En MédocMaurice Velge (Clauzet), Christiane Renon (La Galiane),Bruno Vonderheyden (Malleret), Henri Cadillac (Taffard de Blaignan), Jean-Michel Lapalu (Patache d'Aux),Philippe Robert (Tour du Roc), Patrice Pagès (Fourcas-Dupré), Philippe Boufflerd (Muret), Max de Portalès (Doyac), Pascale Peyronie (Fonbadet)... En Pessac-Léognan/GravesJean Bouquier (Grandmaison), les Kressmann (Latour-Martillac), Maxime Bontoux (Tourteau-Chollet), la famille Bouche (Mauves), André Vincent (Grand Bos), Alain Cailley (Toulouze), Jean Magne (Luchey-Halde), Jean-Noël Belloc (Brondelle), Moïse Ohana (Seguin)... Dans les Côtes : les familles Mallet (Haut-Maco), Verdier (Brethous), Jean-Pierre Gorphe(Moulin Vieux), Eric Barrat (Pont Les Moines), Jean-Michel Robin (Les Heaumes), Philippe Bourcier (Haut-Bourcier)... En Bordeaux SupérieurFrançois-Thomas Bon (Lugagnac), Louis Filippi (Boutillon), Jean Crampes (Gayon), Jean-Pierre Lallement (Thuron)... Et aussi, Anne-Marie Faccetti-Ricard (Saint-Amand), Marie-Laurence Sanfourche (Loupiac-Gaudiet), David Larrieu (Mailles)...

    Comment vous en citer sans en oublier ? A vous de choisir dans MILLESIMES et LES VINS DU SIECLE.

     

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